Les femmes estiment que le délai de réflexion pour un avortement est "inutile, frustrant et contre-productif", conclut la doctorante de l'UAntwerpen Anna Wallays. La loi belge impose un délai de six jours entre la première consultation et le jour de l'intervention.
"La grande majorité des femmes (90%) assurent être certaines de leur choix au moment de la première consultation", explique Anna Wallays. "Le délai de réflexion n'a aucune plus-value. De plus, des raisons pratiques conduisent souvent à prolonger le délai d'attente à plus de six jours".
Sur les cinq cents femmes interrogées par la doctorante, la plupart ont souligné qu'elles trouvaient l'aspect obligatoire du délai problématique.
"Le gouvernement étudie la possibilité de modifier la législation sur l'avortement dans un avenir proche", rappelle Mme Wallays. En Belgique, l'interruption de grossesse est actuellement autorisée jusqu'à 12 semaines. Le débat politique porterait sur l'allongement du délai légal et l'abolition du délai de réflexion.
"Dans un premier temps, une femme doit être consciente de sa grossesse", avance encore la doctorante. "Les femmes qui estiment que le risque de grossesse est faible, par exemple en raison de l'utilisation de contraceptifs, sont moins vigilantes. Elles ne font le test que plus tard et parfois même le reportent en raison d'un déni conscient ou inconscient."
La doctorante note également que près de la moitié des femmes consultent d'abord un prestataire de soins avant de se rendre dans une clinique d'avortement, ce qui allonge le processus. Dans la pratique, le délai légal affecterait donc principalement les femmes en situation de vulnérabilité.