Les autorités politiques bruxelloises ont produit un plan d'accompagnement social-santé autour de la naissance. Mais les généralistes bruxellois, représentés par la FAMGB, n'ont pas été consultés. Le président Michel de Volder ne nie pas la nécessité d'une telle politique, bien au contraire. Mais dans la manière, il dénonce « un énorme bazar ».
Un protocole d'accord sur un plan d'implémentation du programme de soins intégrés vient d'être publié concernant les « Soins et accompagnement des femmes enceintes, des enfants et de la famille qui les entoure pendant les 1 000 premiers jours ». Il émane de la Région de Bruxelles-Capitale et s'inscrit dans le cadre de l'accord entre les autorités fédérale et régionale relatif à la politique de santé.
Ce document de BRUSANO décrit la méthodologie et prétend mettre en place une dynamique « bottom-up », pratique et interactive. Il précise que « le soutien aux acteurs du social-santé du bassin pour l'implémentation sera réalisé par les équipes des cinq bassins » de Brusano. Les axes d'action sont détaillés. Toute une série d'acteurs sont concernés : centres de planning familial, maisons médicales, centres social-santé intégrés, etc. Curieusement, on ne cite pas les généralistes travaillant en solo ou en groupe hors maison médicale.
Un document inconnu de la FAMGB
« Je ne connaissais pas ce document », commente le Dr Michel de Volder, président de la FAMGB (Fédération des Associations de Médecins Généralistes de Bruxelles). Autant dire que la FAMGB n'a pas été impliquée ni informée, explique Michel de Volder. « Il est évident qu'il existe des femmes, des enfants et des familles dans des situations difficiles et qu'il faut absolument les aider et les soutenir. Je ne peux qu'applaudir à l'idée. Mais il existe de nombreuses pratiques en solo ou en groupe hors maison médicale et elles ne semblent pas avoir été prises en considération », constate le président de la FAMGB. « Cela montre bien qu'un tel plan émane d'une vision monolithique de la santé par le monde politique et ne tient pas compte de la réalité des soignants de terrain. »
Un manque de coordination et de pragmatisme
Le document insiste sur l'échange d'informations entre les acteurs. « Tout cela était déjà dans notre Livre Blanc de la Médecine Générale à Bruxelles, qui date de 2013 ! Échanges, réseaux, connaissance réciproque, répartition des tâches, accessibilité, situations complexes... tout cela s'y trouvait, preuve que nous nous sentons concernés par cette problématique », ajoute-t-il.
Et d'expliquer que tout a très bien fonctionné jusqu'en 2018. Puis le monde politique a voulu introduire la dimension sociale et la santé mentale. « C'était une nécessité évidente, que nous ne contestons pas », dit Michel de Volder, « mais dans la précipitation, on a fait de l'ensemble un énorme bazar. On n'a pas tenu compte des réalités de terrain. On ne nous a pas entendus et on a voulu aller trop vite. Résultat : alors qu'on n'avait pas encore synchronisé et coordonné les acteurs santé de la première ligne, l'ajout du secteur social n'a fait qu'ajouter de la confusion au désordre ! Les réactions qui me reviennent de mes confrères me le disent régulièrement. »
Michel de Volder reconnaît que la volonté de tous était de faire au mieux. Il salue aussi la compétence de tous les acteurs. « Mais en voulant courir trop vite, on a perdu énormément d'efficacité et de pragmatisme. C'est profondément regrettable », conclut-il.
> Découvrir le document de BRUSANO
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