Il avait été décidé que 43% des jeunes diplômés de master en médecine auraient accès à la formation en médecine générale. Mais qu’en est-il sur le terrain, depuis l’ouverture de l’année académique 2023-2024? En réalité, le nombre des médecins fraîchement diplômés qui veulent devenir généralistes est en (léger) recul par rapport à l’an dernier. Et ce n’est pas nouveau.
En Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), il a été décidé que pour l’année académique 2023-2024, 43% des jeunes diplômés en médecine seraient orientés vers la spécialisation en médecine générale. Aujourd’hui, après le début de cette année académique, il en est bien ainsi. Non seulement c’est la proportion de nouveaux titulaires du master en médecine qui ont reçu une « attestation de sélection » à la suite d’un examen d’entrée dans la spécialité, mais c’est le rapport réel entre candidats à la formation en médecine générale et candidats aux autres spécialisations. « Ce n’est pas seulement une question de motivation, c’est la loi qui l’impose », commente le Pr Cassian Minguet, président du master de spécialisation en médecine générale à l’UCLouvain. « Et il est important de souligner que ce quota a été respecté globalement pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais aussi dans chacune des universités. »
Mais les chiffres en possession du Centre de Coordination Francophone pour la Formation en Médecine Générale (CCFFMG) au 25 septembre montrent toutefois un léger recul du nombre de futurs généralistes en formation, pour l’ensemble des trois années de stage. Il faut tout de même noter que pour l’année en cours, le décompte n’est pas clôturé, un certain nombre de jeunes médecins n’ayant pas encore complété ou remis leur dossier. Le CCFFMG estime leur nombre à une quarantaine.
Evolution du nombre de généralistes en formation (trois années) en FWB (*)
Année |
Nombre |
2020-2021 |
1110 |
2021-2022 |
1142 |
2022-2023 |
1012 |
2023-2024 |
940 |
Source: CCFFMG
« Il y a au moins une explication à la baisse de cette année », explique le Pr Minguet. « Il y a six ans, au moment où ceux qui entrent aujourd’hui en médecine générale ont entamé leurs études de base, il n’y a eu qu’une seule session de l’examen d’entrée. L’absence d’une session de ‘repêchage’ explique le plus petit nombre de jeunes qui ont pu entrer en Faculté de médecine cette année-là. »
Il est intéressant de s’attarder à la répartition entre les trois années de formation : sans surprise, le tableau affiche la même tendance générale que le nombre total des jeunes en formation. Mais il permet en plus de prévoir le nombre de généralistes formés qui arriveront sur le terrain dans les deux ou trois années à venir.
Répartition des assistants selon l’année de formation (*)
Année académique |
1ere année de formation |
2e année de formation |
3e année de formation |
2020-2021 |
400 |
370 |
340 |
2021-2022 |
386 |
401 |
355 |
2022-2023 |
318 |
351 |
344 |
2023-2024 |
278 |
296 |
331 |
Source: CCFFMG
(*) L’estimation des dernières conventions en cours de signature de 2023-2024 est incluse
« On peut s’attendre à une remontée de la cohorte dans les années à venir », estime Cassian Minguet. « Le quota de 43% de futurs généralistes sera maintenu et peut-être même augmenté jusqu’à de 50%. En plus de cela, les cohortes successives des jeunes qui ont entamé les études de médecine ces dernières années sont en plus grand nombre que par le passé », conclut-il.
Par comparaison, la Flandre a montré une augmentation quasiment constante du nombre de généralistes en formation entre 2011 et 2018, ce que la fédération Wallonie Bruxelles a également connu. Rappelons que 2018 était l’année de la « double cohorte ». Mais après cette année-là, la diminution du nombre de futurs généralistes, si elle se voit dans les deux parties du pays, semble avoir la même allure au Sud qu’au Nord, comme le montrent les droites de tendance calculées qui se voient dans le dernier graphique. Affaire à suivre.
Nombre de jeunes diplômés en médecine qui s’engagent en médecine générale
|
Communauté française |
Communauté flamande |
||||
|
Dipl. |
Dipl. |
Nbre |
Dipl. |
Dipl. |
Nbre |
Année |
BE tot |
N-BE spec |
MEF MG |
BE tot |
N-BE spec |
MEF MG |
2011 |
469 |
74 |
123 |
798 |
28 |
204 |
2012 |
462 |
122 |
130 |
889 |
29 |
215 |
2013 |
429 |
76 |
129 |
930 |
14 |
229 |
2014 |
572 |
73 |
170 |
894 |
30 |
256 |
2015 |
607 |
71 |
213 |
767 |
42 |
276 |
2016 |
737 |
79 |
252 |
891 |
43 |
329 |
2017 |
841 |
54 |
315 |
853 |
36 |
309 |
2018 |
1.779 |
58 |
710 |
1.509 |
37 |
494 |
2019 |
990 |
10 |
384 |
1.030 |
26 |
340 |
2020 |
925 |
67 |
415 |
994 |
37 |
384 |
2021 |
1.022 |
55 |
395 |
901 |
34 |
311 |
2022 |
853 |
52 |
351 |
979 |
21 |
330 |
Source : SPF Santé Publique
Dipl. BE tot = Nombre de diplômés en master en Belgique
Dipl. N-BE spec = nombre de personnes titulaires d'un diplôme non belge qui commencent une spécialisation en Belgique
Nbre MEF MG = Nombre de médecins en formation qui entament la médecine générale
> Lire aussi: La médecine générale est plus attractive que par le passé (Dr J-M Bouttefeux)
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Jacques SERVATY
15 novembre 2023La médecine générale est loin d’être le parent pauvre de la médecine rassurez-vous !! Vraiment la position centrale en rapport avec les confrères spécialistes si besoin ! 45 ans de MG …